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Salkantay - La vallee du Salkantay

SALKANTAY | Itinéraire bis vers le Machu Picchu

Le trek du Salkantay est LA bonne alternative au chemin des Incas pour se rendre au célèbre site du Machu Picchu. Situé à l’est de la ville de Cuzco, cet itinéraire traverse sur une soixante de kilomètre la cordillère de Vilcabamba, réputé pour ses glaciers et hauts sommets. Le Salkantay, qui a donné son nom au parcours, s’élève à 6271 m. et est considéré comme l’une des montagnes les plus spectaculaires du Pérou. En 3/4 jours, ce trek offre une diversité de paysages exceptionnels entre hautes montagnes – col de Salkantay 4625 m. alt.  et jungle tropicale. Un plaisir pour les amoureux de grands espaces et d’archéologie, car au bout du chemin, la citadelle vous attend

Distance : 77,1 km                  Durée : 4 jours                   D+ :  5243 mètres                   D- : 5702 mètres                   Autonomie complète

Comment s'y rendre ?

Plusieurs choix s’offrent à vous pour vous rendre à Mollepata, depuis Cusco. La première solution – et la plus économique  est le bus. Ils partent dès 4 heures du matin depuis la gare routière de Arcopata en direction de Mollepata. Le trajet dure environ 3 heures et vous coûtera 30 Soles. Soyons claires, c’est une solution un peu rude, mais immersive … Nous avons choisi de prendre un taxi via notre hôtel. Nous avons payé 130 Soles (+/-35 euros). Le tarif est évidemment bien supérieur à celui du bus, mais nous avons opté pour un peu de confort avant ces 4 rudes journées. N’hésitez pas à demander à votre hôtel de vous recommander un chauffeur !

Un trek difficile ?

Le trek de Salkantay ne présente pas de difficultés majeures. Le sentier est très bien balisé et il est rare de se retrouver complètement seul en cas de problème. Pour autant, il faut se rappeler que le parcours passe par un col à plus de 4000 mètres. Si on est bien loin de l’alpinisme, il ne faut pas négliger l’effet de l’altitude sur votre corps. Il n’y a pas de secret: une bonne préparation physique est nécessaire, mais plus encore… on ne le rappellera jamais assez, respectez les paliers d’acclimatation. Pensez également à bien vous chausser ! Cailloux, sable ou boue, en quatre jours seulement, vous allez connaître une grande variété de sentiers. 

ENCORE DES QUESTIONS ? – Consultez la page générale dédiée au Pérou. Vous y trouverez d’autres conseils et astuces (« Partir en autonomie ou avec une agence ? », « Quand organiser son voyage au Pérou ? », …). 

Quid d'Agua Calientes ?

Sans surprise, c’est une ville EXTRÊMEMENT touristique. Nous n’avons passé que quelques heures sur place, mais avons néanmoins découvert une pépite qui a permis d’adoucir la pénible transition solitude des chemins et cohue de la ville. Cette pépite était notre hôtel, le Rupa Wasi Lodge. Quel bonheur ! Notre logement était une cabane sur deux étages avec un coin nuit qui surplombe les toits d’Agua Calientes. Dernière parenthèse de quiétude avant de revenir dans le brouhaha de Cusco. Pour terminer ce rapide tour d’horizon d’Agua Caliente: The Tree House ! Il s’agit du restaurant accolé à l’hôtel – oui, on n’avait pas envie d’aller loin… . En plus d’un cadre magnifique, la carte variée propose des spécialités péruviennes, dont une très grande sélection végétarienne.

Retour vers Cusco ...

Encore une fois plusieurs options sont disponibles, mais vous ne pourrez écharper … AU TRAIN ! C’est bien connu, le Machu Picchu n’est accessible qu’à pied ou en train. Peru Rail et Inca Rail sont les compagnies les plus connues pour ces voyages. Nous opté pour Inca Rail, car elle propose un billet « bimodal » (train + bus) qui est moins cher qu’un ticket traditionnel 100% train. Il faut quand même compter 85$ par personne. Avec ce prix, on profite du train panoramique qui sillonne les vallées et après quelques heures, on embarque dans un mini-van direction Cusco. C’est un bon compromis entre le tarif et le plaisir de parcourir ces montagnes en train.

Matériel trekking

– Sac Osprey aura ag 50L

– Bâton de marche Black Diamond

– Chaussure  Meindl MINNESOTA lady gtx

Vêtements:

– 2 paires de chaussettes Crew light cushion

– 4 culottes 

– 2 brassières de sport

– 2 t-shirts

– 1 sous-couche technique en laine mérinos

– 1 polaire Mammut Aconcagua 

– 1 doudoune Pataginia nano-air Light hybrid

– 1 veste hardsell Mammut Convey Tour

– 1 bonnet Fjallraven classic knit hat

– 1 pantalon Patagonia Simul Alpine 

– 1 short technique de chez Oysho

– 1 legging Oysho 

– 1 casquette 

– 1 paire de gants en laine

Camping

– Tente Salewa latitude II

– Duvet Valandre Bloody mary

– Oreillet Sea to Summit aeros premium

– Matelas Thermarest NeoAir Xlite

– Rechaud MSR WindPro II

– Filtre à eau Sawayer

— RÉCIT/ 4 JOURS VERS LE MACHU PICCHU —

La décision d’arpenter le sentier du Salkantay vers le Machu Picchu en tant que premier trek du voyage, était une évidence. Si les itinéraires vers ces ruines ancestrales ne manquent pas à l’instar du trek de Choquequirao ou du célèbre Chemin des Incas, nous avons choisi la promesse de découvrir un jour d’incroyables sommets enneigés et le lendemain une vraie forêt tropicale. De plus, celui-ci ne présente pas de difficultés particulières surtout en termes d’acclimatation, car compris entre 2800 et 4630 mètres d’altitude. Enfin, ce trek mène jusqu’au Machu Picchu que nous voulions absolument découvrir. Un bel objectif pour nos premiers pas au Pérou… Ainsi, après avoir passé 3 jours à Cusco, nous avions hâte de parcourir, enfin, la cordillère des Andes.

Quelques heures de taxi avec Dani notre chauffeur et nous voilà à Mollepata, véritable point de départ du trek. Ce village typique du Pérou abrite quelques rares hôtels et cafés pour les touristes qui décident de faire le tracé au complet. Une dernière nuit dans des draps bien chauds et nous sommes prêts pour débuter ce premier trek.

TREK DU SALKANTAY

Jour 1

Distance : 21,4 km

D+ : 1441 m.

D- : 132 m.

Durée : 8h00 de marche

Altitude maximale : 4155 m.

Topo : Au départ de Mollepata, sur la place centrale du village. Remonter la rue principale et emprunter l’unique route qui se dirige vers le haut de la montagne. Après quelques kilomètres, prendre à gauche et quitter le tracé principal pour rentrer plus profondément dans les terres. Après quelques centaines de mètres de dénivelé, au niveau d’un petit abri, première vue sur les montagnes enneigées. À partir de là, le chemin est – presque – plat sur plusieurs kilomètres jusqu’à atteindre les premières installations touristiques. Continuer le chemin en faisant attention de ne pas se tromper en partant pour la lagune de Humantay Ccocha. Après avoir passé le camp principal de Soray Pampa, emprunter l’unique chemin en direction de Salkantay, plein nord. Monter encore quelques centaines de mètres pour arriver sur un grand plat. Là, vous trouverez une cabane où logent des locaux. Un peu plus loin se trouve des emplacements pour tente.

Mollepata debut du trek du Salkantay
Salkantay - Vue sur le Tukarway et a ses pied le lac humantay

Départ de notre hôtel Casona Masona Mollepata à 5h30. Nous avons hâte de fouler ce chemin qui nous a fait rêver pendant des mois durant. Cette fois, nous y sommes ! Le village de Mollepata situé à 2803 mètres d’altitude est le départ historique du trek de Salkantay. Pour autant, la plupart des agences de voyages préconisent de débuter le parcours à Soray Pampa qui se trouve 1000 mètres plus haut à 3900 mètres d’alt. Ce campement est desservi par une nouvelle route carrossable d’où afflux des cars de touristes assoiffés d’aventure assistée. Nous ne regrettons absolument pas de nous être entêtés à partir de Mollepata et nous vous y encourageons. Le chemin sillonne la campagne péruvienne, passe par des villages et laisse découvrir peu à peu les montagnes à tête blanche. Quel bonheur!

Vers 13 h, pause déjeuner. Premier trek, premier déjeuner et première galère ! Le joint en caoutchouc de notre réchaud se désagrège lorsque nous emboîtons la bonbonne de gaz — probablement dû au changement de température durant le voyage en avion. Grosse erreur ! Nous n’avons pas checker le matériel à notre arrivée à Cusco pensant que nos innombrables tests à la maison suffiraient. La question de retourner sur nos pas n’est pas envisageable. Nous avons des barres de céréales et trouverons de quoi manger sur la route. Le reste de la journée se passe sans encombre. Nous traversons en début d’après-midi les écolodges de Soray Pampa et entamons notre ascension face au Salkantay. L’objectif est de s’établir dans un camp à 4150 mètres. Nous y arrivons péniblement vers 17h. En effet, les premiers effets de l’altitude se font ressentir — malgré nos 3 jours à Cusco à près de 3400 mètres. Un peu de mal de tête, mais surtout le cœur qui, cumulé avec l’effort physique de la journée, tambourine dans la poitrine. Ces petits tracas semblent futiles lorsque nous finissons par atteindre le campement. Face à nous se dresse le Nevado Salkantay qui culmine à plus de 6271 mètres.

Salkantay - Vue sur le Tukarway et a ses pied le lac humantay
Salkantay - Entre vegetations et neige du sommet Tukarway
Salkantay - L'incroyable Nevado Salkantay dominant la vallee du bivouac

TREK DU SALKANTAY

Jour 2

Distance : 17,6 km

D+ : 643 m.

D- : 1957 m.

Durée : 8h15 de marche

Altitude maximale : 4625 m.

Topo : Départ du camp de Salkantaypampa. Très vite, le chemin se sépare puis se rejoignent quelques kilomètres plus loin. Le premier monte de manière constante dans le fond de la vallée. L’autre connu sous le nom de « Siete culebras » est plus raide, mais offre une vue magnifique sur le paysage environnant. Compter encore 1h15 de marche pour atteindre le col d‘Abra Salkantay, point le plus haut du trek. S’ensuit une longue descente de presque 2000 mètres jusqu’au camp de Wairaqmachai puis au village de Collpapampa.


→ Au col d’Abra Salkantay, prenez le temps d’aller voir – si vous en avez l’énergie – le lago Humantay. Il se trouve à 10 minutes à pied du col et vaut le détour.

Salkantay - Reveille devant le Nevado salkantay depuis le bivouac

Une première nuit dans les montagnes du Pérou à plus de 4000 mètres d’altitude. Le camp dans lequel nous nous sommes établis fait partie des rares zones où il est recommandé de bivouaquer. La plupart se trouvent à côté d’habitations et il faut payer une petite contribution aux locaux qui entretiennent les lieux équivalente à +/- 10 soles suivant les endroits. Ces zones sont indiquées sur la majorité des cartes et nous vous conseillons vivement de les respecter.

À cette altitude, les nuits sont fraîches, voire très fraîches. Investir dans de nouveaux sacs de couchage Valendré nous semblait nécessaire. Chaque nuit à plus de 4000 mètres nous l’a prouvé. Départ à 7h. Nous entamons cette journée, par un chemin en zigzag particulièrement raide: Los Siete Culebras ou « Les 7 couleuvres » . Encore quelques heures de marche et nous atteignons en fin de matinée le col de Salkantay à 4630 mètres d’altitude. L’endroit est à couper le souffle ! Autour de nous, se dressent de nombreux apachetas – petits monticules de pierres conçus pour remercier les divinités des montagnes, les apu – sur fond de pics enneigées. De temps en temps, de petites avalanches se déclenchent sur les sommets environnants. C’est ici que nous apercevons nos premiers condors pendant une pause pour admirer ce paysage incroyable.

Il serait hypocrite de ne pas aborder ici le sujet du tourisme de masse. Suite aux dernières réglementations encadrant le Chemin des Incas, le trek de Salkantay est devenu, un parcours privilégié pour se rendre au Machu Picchu. En moyenne, 300 personnes par jour l’arpentent. Il faut évidemment ajouter à ce chiffre, les caravanes de mules qui transportent les sacs des voyageurs. Tout ce remue-ménage peut parfois entacher la plénitude du parcours. Mais si nous avons bien appris une chose, c’est qu’il faut savoir partager la montagne d’une manière ou d’une autre. L’autonomie nous a permis de contourner ces petits tracas. En effet, il est aisé d’anticiper les heures d’arrivée des groupes et donc de partir un peu plus tôt. En général, nous sommes rapidement devancés par les transporteurs et leurs animaux qui portent les sacs. Notez que les locaux ont plus de sympathie pour les voyageurs en autonomie. Ils nous ont toujours aidés en cas de problèmes.

Après cette pause bien méritée, nous amorçons une longue descente de 1900 mètres. Un petit arrêt dans le camp de Wayraqmachai pour avaler une soupe aux lentilles et pomme de terre puis nous reprenons la route. Les montagnes aux neiges éternelles et aux plaines arides laissent peu à peu place à une forêt luxuriante. Il est déjà 17h quand nous arrivons dans le village de Collpapampa. Le camp se trouve dans un  écrin de verdure au cœur de la vallée, très différent de l’environnement de notre dernier bivouac.

Monts aux alentours du Nevado Salkantay
Salkantay - Le soleil se couche sur la foret tropical
Salkantay - Siete Culebras
Salkantay - Les impressionnantes pentes recouverte de neige du Salkantay
Salkantay - Dernier aperçu de la chaine de montagne du Salkantay

TREK DU SALKANTAY

Jour 3

Distance : 23,8 km

D+ : 1267 m.

D- : 1526 m.

Durée : 10h15 de marche 

Altitude maximale : 2843 m.

Topo : Au départ de Collpampa, suivre la vallée qui descend en faisant bien attention à prendre le chemin se trouvant sur le versant gauche. Continuer dans la jungle jusqu’au village de Sahuayaco. Il est facile de s’y restaurer. Suivre la route pendant quelques kilomètres. Au village suivant, prendre à droite sur un ancien sentier inca en escalier. 800 mètres de dénivelé vous attendent pour atteindre le Passo Llactapata. Prendre le temps de passer par Mesa Pata Observatorio, facilement identifiable grâce à des panneaux. Emprunter ensuite la descente jusqu’à Llactapata Lodge, camp avec vu sur la destination du lendemain : le Machu Picchu.

Salkantay - Descente du matin dans la foret tropical

Une nuit sans encombre et surtout reposante ! Pendant la soirée, un compagnon à quatre pattes s’est invité sous la toile extérieure de la tente. Avec le froid, de la nuit, nous n’avons pas eu le cœur de le repousser. Seule précaution: bien planquer ses chaussures ! 

Nous continuons notre descente dans les gorges. Le chemin s’enfonce dans une forêt qui semble suspendue sur les pentes raides de la montagne. Au fur et à mesure de la marche, la biodiversité se diversifie. Les Gynoxys, arbustes avec de petites fleurs jaunes, typiques des terrains arides, laissent place à une véritable jungle où cohabitent bambou, bromélia et Wiñay Wayna Orchid. Protégé par toute cette végétation, l’air est humide et chaud. Le chemin traverse parfois de petits cours d’eau qui viennent se jeter dans la rivière principale, Río Santa Teresa. L’itinéraire est calme. Nous nous accordons une pause à Llosska Mayu, un camp posé sur une petite plaine dégagée où il est possible d’acheter quelques encas. Nous découvrons ici un petit bonbon jaune, une coque épaisse qui cache de délicieux sacs de jus sucré. Ces fruits de la passion sont très bon marché, seulement 1 sol pour deux. Ils sont devenus notre petit plaisir de cette aventure. 

Encore plusieurs kilomètres à travers la jungle et nous atteignons un replat. Là, une horde de taxis propose de nous conduire jusqu’au prochain village. Nous choisissons de poursuivre à pied jusqu’au village de Sahuayaco. Nous l’atteignons vers 12h et déjeunons dans un hôtel qui accueille des voyages organisés. Les vans remplis de touristes provenant de la fin du chemin dans la jungle commencent à affluer. Nous repartons. Nous croisons en terrasse, trois Allemands également en itinérance, qui nous avaient dépassés un peu plus tôt dans la matinée. Contrairement à eux, ce n’est pas la fin de notre journée. Toujours à pied nous suivons une route sillonnant qui nous fait atteindre après quelques kilomètres l’embouchure d’un chemin menant droit dans la montagne. Il s’agit d’un ancien chemin inca. Les 800 mètres qui suivirent mettent nos nerfs à rude épreuve. Sous un soleil de plomb, nous rejoignons le site archéologique de Llactapata et son mirador. Nous sommes en fin de journée et la luminosité commence doucement à baisser. Le camping où nous passerons la nuit se trouve en contrebas à quelques minutes de marche. Pour autant, cette vue imprenable sur les montagnes environnantes et le Machu Picchu nous invitent à prendre un moment.

Salkantay - Nous etions devant le Salkantay hier
Salkantay - Vue sur le Machu Picchu depuis Llactapata Camp

TREK DU SALKANTAY

Jour 4

Distance : 14,7 km

D+ : 936 m.

D- : 1148 m.

Durée :  7h15 de marche 

Altitude maximale : 2382 m.

Topo : Depuis Llactapata, continuer la descente jusqu’au fond de la vallée. Traverser le pont puis suivre le chemin qui part sur la gauche et après quelques kilomètres, au croisement, prendre à droite. Pour ne pas se tromper, lever les yeux: vous pourrez voir un aperçu des ruines du Machu Picchu. Arrivé à la gare, suivre les rails sur une dizaine de kilomètres jusqu’au premier poste de contrôle du Machu Picchu. Ensuite, traverser le pont et débuter votre ascension en empruntant un chemin/escalier inca sur 300 mètres de dénivelé positif. Arrivé en haut, dernier contrôle avant de pouvoir profiter de l‘une des merveilles du monde. Après la visite, il est possible de redescendre jusqu’à Aguas Calientes à pied en empruntant le même chemin ou prendre un bus qui arrive directement en ville.

Ce matin, nous devançons le soleil. Il est à peine 6h quand nous débutons la route vers l’objectif du périple: le Machu Picchu. Quelques heures de marches nous séparent encore de la montagne sacrée et aujourd’hui plus qu’un autre jour, nous ne pouvons nous permettre d’être en retard. En effet, afin de réguler l’affluence de touristes sur le site archéologique, des plages horaires doivent être réservées. La nôtre débute à 11h. Le chemin s’enfonce dans la jungle pour rejoindre la vallée. Ces lacets finissent de nous broyer les genoux, déjà bien amochés ces deux derniers jours. Depuis la veille à Sahuayca, les randonneurs se font rares, car les agences privilégient les taxis puis les trains pour mener leurs clients jusqu’à Agus Alientes. Pour autant, nous ne sommes pas seuls: un compagnon à quatre pattes nous accompagne depuis le campement de Llatapata. Du fond de la vallée, nous rejoignons une petite gare d’où part le célèbre Peru Rail. Nous suivons ensuite durant un peu plus de 9km, les rails du train jusqu’à l’entrée du Machu Picchu. De nombreux randonneurs font effet de la monotonie de ce chemin. Cependant, suivre ces rails fut un exercice réjouissant et nous en gardons un excellent souvenir. Serpenter dans la vallée autour de ces montagnes verdoyantes était comme une mise en bouche de ce que nous allions découvrir. Ces 9 km, bien que longs sur terrain plat, font intégralement partie de ce parcours.

Il est 10h quand nous arrivons à l’entrée du Machu Picchu et décidons de prendre un en-cas avant de commencer les +350 mètres qui nous mèneront à l’entrée des ruines. Tout en engloutissant deux quesadillas fromage/olive, nous voyons passer des dizaines de bus remplis de touristes qui empruntent une route vers le Machu Picchu. Moyennant une belle petite somme d’argent, la facilité nous tend les bras. En adéquation avec ce début de parcours, nous décidons d’accéder au site en empruntant l’ancien chemin inca, des centaines de marches irrégulières en direction du sommet. Encore un bel exercice ! Nous mettons 1h30 pour atteindre l’entrée, dégoulinants de transpiration  mais heureux . Une fois nos sacs déposés aux consignes, nous nous frayons un passage à travers les guides multilingues et leurs clients. Nous n’avons qu’une hâte: découvrir enfin ce lieu qui a nourri nos fantasmes durant ces trois derniers jours, et plus encore … durant toute notre enfance.

Pendant une heure, nous sommes simplement restés assis face à ces ruines gorgées d’histoires et les avons contemplés dans tous ses détails. De cette rencontre avec le Machu Picchu, nous restons marqués par plusieurs choses, positives et négatives. D’abord, l’immensité verte qui sert d’arrière-plan aux ruines, des montagnes acérées qui s’étendent au delà de l’horizon. Elles enveloppent le Machu Picchu et pervertissent notre perception de l’échelle. C’est indéniable: ce site est grandiose Pour autant, chaque personne semble vouloir – pouvoir  apprécier ce trésor de manière différente. Sans parler les incivilités et du manque de respect des règles de préservation du site archéologique, 95% des visiteurs ne perçoivent le Machu Picchu qu’à travers leurs écrans. Cela nous semble un peu triste alors on ne va pas s’attarder sur ce point, mais ce site est devenu malgré lui, une immense machine à selfie. Si bien que des personnes, qui sont là pour l’admirer, le visiter à proprement parlé, se font rares. En sommes, ces ruines nichées aux coeurs des montagnes andines resteront un spectacle indélébile dans notre mémoire. Nous vous encourageons vivement à les visiter, car il s’agit d’une expérience incroyable et unique. Sachez seulement les apprécier au prix de votre sueur.

Salkantay - Un chien nous suit une partie de la journee jusqu au Machu Picchu
Salkantay - Le celebre Peru Rail traversant la vallee du Machu Picchu
Salkantay - Rencontre avec une Paruline ardoisee
Salkantay - Un lama et son petit dans l herbe du Machu Picchu
Salkantay - Lena s'impregnant de l ambiance particuliere du Machu Picchu
Salkantay - Les ruines du Machu Picchu
Salkantay - Machu Picchu

Sur cette carte, vous retrouverez l’itinéraire complet de Salkantay ainsi que nos différents campements.

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